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LA TECHNIQUE DE LA PHOTOTYPIE

La phototypie utilise de la gélatine, matière très hygrométrique, à laquelle on ajoute du bichromate pour la rendre sensible à la lumière.

On étend sur une dalle de verre une couche de gélatine bichromatée. Après cuisson dans une étuve, cette couche est sensibilisée au contact d’un cliché négatif. Les parties de la couche qui ont été atteintes par la lumière se sont tannées et la gélatine a perdu son hygrométrie, celles, qui au contraire ont été protégées par les noirs du négatif seront gonflées d’humidité. On obtient ainsi une « gravure » de la gélatine avec toutes les valeurs dégradées en demi-teintes, du noir au blanc, sans l’intermédiaire d’aucune trame.

La dalle de verre est ensuite lavée de son bichromate, puis humidifiée. Elle est alors prête pour le tirage sur presse. De même que pour une impression lithographique, l’encre grasse prendra dans les parties plus ou moins tannées de la gélatine « amoureuse d’encre ». Compte tenu de la fragilité de la gélatine, une édition en phototypie varie entre trois et cinq cents exemplaires. Au delà, une nouvelle dalle devra être préparée. On pourra imprimer les épreuves sur toutes sortes de papiers, pourvu qu’ils soient collés.

LA TECHNIQUE DU COLORIS AU POCHOIR

Le pochoir est réalisé dans une feuille de zinc d’un dixième de millimètre d’épaisseur. On découpe, dans une feuille de zinc, au moyen d’une lame d’acier très tranchante et effilée, des ouvertures préalablement tracées en fonction du dessin et de la couleur à reproduire. Le pochoir est ensuite appliqué sur l’épreuve imprimée en gravure, lithographie ou phototypie.

On devra tracer et découper autant de pochoirs nécessaires pour obtenir une reproduction fidèle (de quinze à quarante pochoirs en moyenne, parfois jusqu’à soixante pochoirs pour certains travaux plus délicats).

Il faudra, lors du traçage, déterminer la gamme des valeurs dans chaque couleur en commençant par les plus claires et définir précisément la forme et l’emplacement des passages en prévoyant les effets des superpositions.

Pour chaque pochoir, on préparera la couleur, en veillant à maintenir son ton et son intensité durant tout le tirage. Cette couleur, aquarelle, gouache, encre de chine ou lavis sera appliquée au moyen d’une brosse ronde spéciale en soie de porc. Pour certains pochoirs, on prévoit également que la couleur sera adoucie, après son application, fondue et mélangée avec une petite brosse à adoucir.

LE PROCEDE JACOMET

Le « procédé JACOMET » est essentiellement la combinaison des deux techniques, auxquelles viennent s’ajouter des savoir-faire spécifiques de finitions et de vieillissement des papiers.

Mais il consiste surtout à évaluer les possibilités de la phototypie et du pochoir, en fonction d’un document donné : aquarelle, gouache, pastel, lavis ou dessin rehaussé.

Quelquefois, la phototypie sera en un seul ton, noir ou couleur, mais dans la plupart des cas on imprimera deux ou trois couleurs choisies pour être en harmonie avec le pochoir.

Utilisé depuis son origine comme technique d’imprimerie d’art, le « procédé » JACOMET apporte toute son originalité dans la reproduction en FAC-SIMILE de documents anciens : gravures et dessins rehaussés, aquarelles, pastels, sanguines et plus particulièrement encore pour les fac-similés de manuscrit.

Dans ce domaine, la combinaison d’un travail de recherches et de vieillissement des papiers, associé à la phototypie et au pochoir, tend vers une fidélité de reproduction reconnue comme unique au monde (plus d’une centaine de réalisations parmi lesquelles on pourra citer le manuscrit B de Léonard de VINCI, le manuscrit de CHAMPOLLION, des carnets de dessins de PICASSO, LAUTREC, MATISSE, SUTHERLAND, MOORE, SIGNAC, GAUGUIN…).